Le deuxième dimanche de Pâques, aussi connu sous le nom de dimanche de la Miséricorde divine, nous invite à contempler en profondeur l’amour miséricordieux de Dieu qui se manifeste dans la résurrection du Christ. Dans l’Évangile (Jean 20, 19-31), nous voyons comment Jésus ressuscité se présente à ses disciples en leur offrant la paix et en les envoyant annoncer la Bonne Nouvelle. Sa parole principale est : « La paix soit avec vous ». De plus, il montre les blessures de sa passion, signe visible de la miséricorde qui l’a conduit à se livrer pour nous.
La miséricorde divine que nous célébrons aujourd’hui – un amour qui va à la rencontre, guérit les blessures et transforme la peur en foi – implique, sur le plan personnel, d’ouvrir son cœur à l’expérience du pardon, de la réconciliation et de la confiance en l’amour infini de Dieu. C’est une invitation à reconnaître nos propres limites, nos erreurs et nos blessures, afin de permettre à la miséricorde divine de nous transformer et de nous pousser à vivre avec humilité et compassion envers les autres, et je peux me demander :
– Comment puis-je m’ouvrir davantage à la miséricorde de Dieu dans ma vie quotidienne ?
– Comment puis-je mettre en pratique la miséricorde dans mes gestes quotidiens, en particulier envers ceux avec qui j’ai du mal à m’entendre ?
– Comment puis-je aider les autres à découvrir que, même au milieu de la douleur, la miséricorde divine est présente et à l’œuvre ?
Aussi, la miséricorde est une force divine qui nous pousse à être des artisans de réconciliation et de paix au milieu des blessures du monde ; elle nous met au défi de vivre en tant que témoins fiables de l’amour de Dieu, en particulier dans un monde qui se sent souvent blessé, fragmenté ou sans espoir. Elle nous invite à ne pas répondre à la violence par davantage de violence, mais à agir avec justice, pardon et solidarité ; à regarder l’autre avec un regard renouvelé, en reconnaissant la dignité humaine au-delà du conflit ou de la différence, et à être des artisans de paix dans nos communautés, c’est-à-dire : être des canaux vivants de la miséricorde pour tous, en particulier pour ceux qui en ont le plus besoin .
De plus, l’expérience de Thomas dans l’Évangile, qui a besoin de toucher les blessures de Jésus pour croire, nous parle de la nécessité d’affronter la réalité de la souffrance, sans la nier ni l’anesthésier, pour y découvrir la présence guérissante et libératrice de Dieu. Dans un monde blessé, la miséricorde divine nous offre la certitude qu’aucune blessure n’est si profonde que l’amour de Dieu ne puisse la guérir.
En cette Année vocationnelle, cette fête de la Miséricorde revêt une signification particulière. La vie consacrée que nous avons choisie est une réponse concrète et quotidienne à cette miséricorde que nous avons expérimentée et que nous sommes appelées à annoncer et à incarner à travers notre charisme de prédication, d’enseignement et de service. Notre mission évangélisatrice naît de la rencontre personnelle avec le Seigneur qui pardonne, restaure et réconcilie.
En somme, célébrer la Miséricorde divine aujourd’hui signifie renouveler notre confiance dans le pouvoir transformateur de l’amour, nous engager à le vivre dans nos actions quotidiennes et être des canaux de cet amour pour un monde qui en a tant besoin.
Que, inspirés par l’Esprit Saint, nous suivions l’exemple de saint Jean, le disciple bien-aimé, et ouvrions notre cœur à l’expérience transformatrice de la miséricorde divine, afin de la communiquer avec joie et fidélité aux quatre coins du monde.

Sœur Dorothée Béatrice ANZIE
Maisons dépendantes de la Prieure Générale













