L’évangile de ce jour est souvent associé à la thématique des vocations, centré sur cette parole de Jésus : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. » Cette image révèle que la mission est une nécessité urgente, née d’un désir de redonner la vie et de la donner en abondance (Jn 10,10). Cette nécessité jaillit du cœur même de Jésus, animé d’une profonde compassion qui exprime l’amour infâme de Dieu pour l’humanité. Notre misère touche Dieu : elle provoque en lui un amour qui se penche vers nous, un amour miséricordieux qui va bien au-delà de nos petitesses.
Le constat est saisissant : la moisson est abondante. Il s’agit de la conversion des âmes qui, touchées par la Bonne Nouvelle, se tournent vers le Seigneur, chaque conversion étant occasion de fête au ciel. Aujourd’hui encore, le champ pastoral est vaste. Pourtant, nos yeux, souvent aveuglés par les préoccupations du monde, peinent à percevoir ce besoin qui suscite la compassion de Jésus.
C’est Jésus lui-même qui prend l’initiative : il appelle des hommes et des femmes pour collaborer à sa mission. Il les saisit dans leur singularité, les appelle chacun par son nom. Ce n’est pas un appel collectif anonyme, mais une vocation personnalisée à laquelle une réponse personnelle est attendue. Peut-on répondre sans d’abord écouter ? La qualité de notre réponse dépend de la qualité de notre écoute. L’exemple de Judas nous met en garde : un cœur attaché au gain et à la fourberie reste fermé, même au contact de Jésus. C’est un avertissement pour tout appelé : être dans le monde sans être du monde, sans se laisser capturer par lui.
Répondre à l’appel de Dieu suppose une écoute assidue de sa Parole, pour être capable de la transmettre aux autres. Le manque d’ouvriers peut aussi résulter d’ouvriers éteints, repliés sur eux-mêmes, dont l’ego compromet la mission. Jésus nous indique le chemin : prier sans cesse. La prière nous maintient dans une relation vivante avec le Maître de la moisson et nourrit en nous l’abandon confiant qui conduit vers de verts pâturages (Ps 22).
Seigneur Jésus, rends-nous capables d’entendre ta voix et de répondre à ton appel avec liberté et sincérité. Apprends-nous à nous déposséder de nous-mêmes pour te faire place dans nos vies, afin que nous devenions des ostensoirs au travers desquels le monde te voit à l’œuvre dans l’humanité. Amen.

Sœur Nelly Barbara BIKOULA A.
Vicariat St François COLL













