Troisième dimanche de Pâques – 19 avril 2026

Le troisième dimanche de Pâques, centré sur la rencontre de Jésus ressuscité avec ses disciples, est essentiel pour affermir la foi pascale : il montre qu’Il est vivant et qu’Il demeure présent, spécialement dans l’Eucharistie et dans la communauté.

Deux disciples marchent vers Emmaüs, le cœur triste, pleins de déception après avoir vu Jésus mourir sur la croix. Tout semble sombre : la foi vacille et l’espérance s’éteint. Ils s’éloignent de Jérusalem, lieu de la promesse comme pour fuir un échec.

Pendant qu’ils parlent et discutent, Jésus s’approche et marche avec eux de manière discrète et respectueuse, se faisant compagnon de route. Il leur pose des questions, les écoute et leur permet d’exprimer leur douleur, leur confusion et leur désillusion. Un détail profondément humain : Dieu s’intéresse à ce que nous portons en nous, même lorsque c’est marqué par la tristesse ou le doute.

À partir de là, Jésus les aide à relire leur histoire à la lumière des Écritures. Il leur montre que ce qui est arrivé n’est pas un échec mais fait partie du plan de Dieu. Ce qui semblait être une défaite est en réalité un chemin de vie. Peu à peu, sans qu’ils en soient pleinement conscients, quelque chose commence à brûler en eux : leur cœur s’enflamme en écoutant la Parole. C’est le début d’une transformation silencieuse.

Cependant, ils ne sont pas encore capables de le reconnaître. Leurs yeux sont comme voilés. Cela reflète notre propre expérience car bien souvent, Dieu est présent dans notre vie et nous ne savons pas le voir. Nous avons besoin de temps, d’une ouverture intérieure et, souvent, d’un signe pour le reconnaître.

Ce signe arrive dans un geste simple et profond : la fraction du pain. En arrivant à Emmaüs, les disciples invitent Jésus : « Reste avec nous, car le soir approche. » Ce geste d’hospitalité est décisif. Avant de le reconnaître, ils ont déjà ouvert leur maison et leur cœur ; ils ont choisi de ne pas rester seuls au milieu de l’obscurité.

À table, lorsque Jésus prend le pain, le bénit, le rompt et le leur donne, leurs yeux s’ouvrent. Ils le reconnaissent : c’est le Seigneur ressuscité. Et à cet instant, Il disparaît à leur vue. Non pas parce qu’Il s’en est allé mais parce que désormais sa présence ne dépend plus du visible : ils ont appris à le reconnaître autrement.

Alors tout prend sens. Ils se souviennent du chemin et se disent : « Notre cœur n’était-il pas tout brûlant en nous tandis qu’Il nous parlait et nous expliquait les Écritures ? » Ils comprennent que Jésus était déjà avec eux depuis le début, accompagnant leur chemin et éclairant leur obscurité.

L’expérience ne reste pas enfermée en eux. Aussitôt, ils se lèvent et retournent à Jérusalem. Ils passent de la tristesse à la joie, du découragement à la mission. Ils deviennent témoins : ils annoncent que le Seigneur est ressuscité et qu’ils l’ont reconnu à la fraction du pain.

Ce récit nous invite à nous reconnaître sur ce chemin. Nous aussi, nous faisons l’expérience de moments de déception, de doute et de foi fragile. Parfois, nous nous éloignons intérieurement de ce qui donne sens à notre vie. Mais l’Évangile nous rappelle que Jésus se fait toujours proche et marche à nos côtés, même lorsque nous ne le reconnaissons pas.

Il nous invite à être des personnes ouvertes, capables d’écouter, de nous laisser interpeller par la Parole, d’accueillir et de faire confiance. C’est dans ce processus que le cœur commence à se transformer.

L’Eucharistie demeure aujourd’hui le lieu privilégié où le Ressuscité se rend présent et se fait connaître. Dans l’écoute de la Parole et dans le geste du pain partagé, nous pouvons reconnaître sa présence vivante au milieu de nous.

Et lorsque la déception nous entoure, cet Évangile nous offre une certitude : nous ne sommes pas seuls. Jésus marche avec nous, ne nous abandonne jamais et, souvent de manière discrète mais réelle, transforme notre cœur de l’intérieur.

Comme les disciples d’Emmaüs, nous sommes appelés à ouvrir les yeux, à laisser brûler notre cœur et à reprendre le chemin avec une espérance renouvelée.

Sœur Mª Ángeles Figuls OP



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Publicado:

Avr 18, 2026