As-tu déjà ressenti que le monde s’effondrait sur toi ? Que tu es seul, que tout le monde t’a abandonné et que tout semble finir là ? Aujourd’hui, l’Évangile nous rappelle que Jésus a vécu ce même moment durant la nuit de sa passion et de sa mort. Il s’est senti trahi : Judas le livre, Pierre le renie par trois fois, et les mêmes personnes qui l’avaient accueilli avec des rameaux l’ont rejeté. Peux-tu imaginer qu’un ami te renie devant toi ? Comment te sentirais-tu ?
La Passion comme victoire
Jésus a été livré et arrêté ; bien qu’innocent, il a été rejeté. Ensuite sont venus les coups, la douleur, les moqueries et la couronne d’épines. Pourtant, Jésus est resté ferme, aimant au milieu de la souffrance. On a posé la croix sur ses épaules, et il l’a portée avec amour. Il n’a pas fui mais au contraire, il s’est avancé et a demandé : « Qui cherchez-vous ? » Puis il s’est livré librement, sachant tout ce qui allait lui arriver.
Bien sûr, dans la passion de Jésus, nous nous souvenons de sa souffrance mais nous ne devons pas rester uniquement dans la douleur. La passion de Jésus est une victoire : c’est le moment où il a tout donné. Sur la croix, il nous a montré son amour et, malgré la peur, il a accompli la volonté de Dieu jusqu’au bout.
Là où tout semblait perdu, la vie renaît
Souvent, nous voyons la passion de Jésus comme une défaite, quelque chose de difficile à accepter, mais nous comprenons que tout était par amour pour nous. L’Évangile de Jean nous offre cette scène merveilleuse. En effet, Jésus en croix, même au milieu de la douleur, continuait de donner la vie. Il regarda sa mère et le disciple bien-aimé puis il leur dit respectivement : « Voici ton fils… voici ta mère. » À cet instant, il ne s’occupait pas seulement de Marie, il nous donnait une famille, une nouvelle manière de nous aimer et de nous accompagner.
Jésus inclina la tête et remit son esprit ; beaucoup pensèrent que tout était fini. Mais l’amour ne s’est pas arrêté. Joseph d’Arimathie et Nicodème, avec courage et tendresse, vinrent prendre son corps. Au milieu de la douleur, eux aussi ont répondu avec amour, montrant que même dans la tristesse, il y a des cœurs qui continuent de croire, de servir et d’espérer. Car même dans les moments les plus difficiles, l’amour de Dieu ne cesse jamais d’agir.
Et c’est là, précisément là, que la vie renaît.
La passion de Jésus nous laisse un message d’espérance : chaque épreuve de notre vie peut devenir une occasion de nous relever, d’apprendre et de grandir. Même si cela coûte, même si cela fait mal, c’est là que notre foi se fortifie et que l’espérance prend un nouveau sens. Car même au milieu de l’obscurité, Dieu continue d’agir dans notre vie, même lorsque nous ne le comprenons pas. Et bien souvent, ce moment difficile que nous pensons nous briser est en réalité le début d’une nouvelle histoire, accompagnée d’espérance. La croix n’est pas la fin, c’est le chemin vers la résurrection.

Sœur Gladis Tebelán Xirum
Province Saint Martin de Porres













