Gaudete : la joie qui naît de la proximité du Seigneur
Le temps de l’Avent est un chemin d’espérance où la liturgie nous prépare à accueillir la présence du Seigneur qui vient. Ce parcours nous invite à contempler trois figures qui accompagnent le mystère de l’Incarnation : la Vierge Marie, saint Joseph et saint Jean-Baptiste.
Aux deuxième et troisième dimanches, l’Église tourne spécialement son regard vers Jean-Baptiste, le Précurseur. Sa mission est de préparer le cœur du peuple, d’éveiller la sensibilité intérieure et de faire place au Messie. En lui, nous découvrons l’attitude du croyant qui se rend disponible pour que Dieu puisse entrer dans sa vie.
Ce troisième dimanche de l’Avent, traditionnellement appelé Gaudete, introduit une tonalité plus lumineuse dans l’Avent. La liturgie permet l’usage de la couleur rose comme signe d’une joie sereine et anticipée, née de la certitude que le Seigneur est proche. Ce n’est pas une joie naïve ou superficielle, mais la joie solide de celui qui fait confiance à la promesse de Dieu.
Cette joie liturgique prépare le cœur à mieux comprendre l’Évangile du jour.
« Es-tu celui qui doit venir ? » (Matthieu 11, 2–11)
L’Évangile nous montre Jean-Baptiste dans un moment profondément humain. Depuis la prison, dans la solitude et l’incertitude, il envoie ses disciples à Jésus avec une question qui porte toute son espérance :
« Es-tu celui qui doit venir ? »
Jean ne doute pas de Dieu ; il cherche à comprendre comment Dieu vient. Il avait annoncé un Messie fort, purificateur, qui rendrait justice. Pourtant, Jésus manifeste sa mission d’une manière différente :
les aveugles voient, les boiteux marchent, les malades sont guéris, les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle.
Le Royaume avance non par la violence ou le spectaculaire, mais par la force humble de la miséricorde. Jésus invite Jean —et nous aussi— à reconnaître dans ces signes l’arrivée du Messie.
La grandeur de Jean, proclamée par Jésus, réside dans sa capacité à s’ouvrir à ce que Dieu accomplit, même si cela ne correspond pas entièrement à ses attentes. Il prépare le chemin et laisse l’œuvre à Dieu. Son exemple nous enseigne que la foi mûre consiste à accueillir l’action de Dieu telle qu’Il choisit de se révéler.
Un appel pour notre vie
Le dimanche Gaudete nous rappelle que la joie chrétienne naît de la proximité du Seigneur, et non de l’absence de difficultés. Comme Jean, nous traversons aussi des moments de prison intérieure, de questions, d’attente prolongée. Et, comme lui, le Seigneur nous répond par des signes de vie que nous ne percevons parfois que si nous regardons attentivement : une parole qui console, une blessure qui commence à guérir, un geste de bonté inattendu, une nouvelle force pour avancer.
Ce dimanche nous invite à :
• Ouvrir les yeux à l’action de Dieu dans le quotidien.
• Accueillir la joie humble de savoir que le Seigneur est proche.
• Permettre à Dieu de venir comme Il veut, et non seulement comme nous l’imaginons.
• Préparer notre cœur à reconnaître sa présence et à collaborer à son œuvre.
La lumière de ce jour nous rappelle que Dieu continue d’entrer dans notre histoire par des signes simples mais transformateurs.
Puissions-nous vivre ce temps avec la joie sereine de celui qui sait que le Seigneur est déjà parmi nous et qu’Il continue de se rendre présent dans chaque geste de vie, de paix et d’espérance.
Sœur Cristine Caliguiran, OP
Province Saint Raymond of Peñafort














