“La Paix, une oeuvre Trinitaire portée par l’Église”
Les textes proposés à notre méditation ce dimanche déploient la paix dans sa richesse trinitaire: don inépuisable du Père, acquis par le Fils et rendu présent au cœur du monde par la puissance de l’Esprit Saint, agissant à travers les disciples.
Dans la première lecture, le prophète Isaïe proclame à Jérusalem une promesse de consolation et de paix de la part de Dieu. Tel une mère qui apaise son enfant, le Seigneur promet de combler son peuple d’une présence réconfortante et d’un amour infini. Proche de nous dans les épreuves, il restaure et irrigue nos vies de sa miséricorde et de sa paix comme un fleuve. Pour le chrétien, cette prophétie s’accomplit dans l’Église, nouvelle Jérusalem, où Dieu offre à tous ses enfants sa paix et sa tendresse maternelle.
Jésus-Christ, par sa passion, sa mort et sa résurrection, a brisé les chaînes du mal et a introduit l’humanité dans cette « création nouvelle ». C’est dans cette existence régénérée que s’enracine la paix véritable, entendue comme une réconciliation ultime avec Dieu, avec soi-même et avec le prochain. Affranchie des jugements humains, cette nouvelle création vit dans la liberté, la vérité et la paix promise par le Père. Cette paix, qui transcende les circonstances extérieures et porte la marque du sacrifice du Fils de Dieu, devient une force intérieure qui soutient les croyants dans les épreuves, les libère des divisions et les appelle à vivre dans l’amour et la miséricorde. La paix chrétienne est inséparable de la croix : fruit de la victoire du Christ sur le mal et le péché, elle est offerte à ceux qui s’unissent à Lui par la foi. Saint Paul la souhaite à tous ceux qui suivent cette voie pour ainsi former « l’Israël de Dieu », la communauté des croyants unis en Christ.
Dans l’Évangile, Jésus confie aux soixante-douze disciples une mission de paix qui exige la confiance face aux épreuves. Le chrétien, artisan de cette paix, l’incarne autant par ses actes que par sa parole, dans des gestes de guérison, de réconciliation et de justice. Cette paix ne procède ni des succès apparents ni des pouvoirs spirituels, mais puise sa source dans la certitude filiale d’être aimé de Dieu et d’appartenir à son Royaume. Elle doit être transmise dès lors à toute personne ou communauté disposée à l’accueillir par la puissance de l’Esprit Saint.
Sr Regina Emeline ABITAN
Communauté de Nylon – Cameroun











